« Pour parler franc, là entre nous, je finis encore plus mal que j’ai commencé… Oh ! j’ai pas très bien commencé… je suis né je le répète, à Courbevoie, Seine… après bien des aller et retour je termine vraiment au plus mal… y a l’âge, vous me direz… y a l’âge !... »
Meudon, banlieue parisienne, les années 50 – un pavillon mal entretenu, un jardin sauvage, des molosses, des chats, un hérisson, des oiseaux… et Louis-Ferdinand Céline. Le vieil écrivain-médecin des pauvres vient de rentrer de 7 ans d’exil danois et il (nous) parle dans son style si particulier, si « télégraphique ». Il nous raconte son actualité, ses regrets, des malheurs, ses conditions de vie, ses patients… C’est au présent qu’il nous parle…
Je devrais peut-être pas le dire, mais c’est trop drôle, la plupart des malades que je vois dépensent beaucoup plus en perlo que nous pour entièrement vivre… nous, c'est-à-dire Lili, moi les clebs et les greffes… »
Le vieil ermite asocial nous invite chez lui, nous montre ses chiens, ses chats, nous présente sa femme – Lili, la danseuse… et puis il nous emmène dans ses souvenirs…
C’est l’enfance d’abord, le Paris des années 1900, les titis, les grands boulevards, l’opérette, le certificat d’étude… et puis la guerre ensuite, celle de 1914, le traumatisme...
(illustration pour « La visite médicale des usines Ford à Détroit » - Voyage au Bout de la Nuit - 1932 © Charlotte Houot)